Oui, il est possible de cumuler chômage et création d'entreprise tout en touchant l'aide de France Travail (ex-Pôle emploi).
C’est parfaitement légal : France Travail prévoit des dispositifs spécifiques pour aider les demandeurs d’emploi à créer ou reprendre une entreprise. L’objectif est simple : éviter la rupture de revenus pendant le lancement de l’activité.
Quand vous perdez votre emploi (fin de CDD, licenciement, rupture conventionnelle… et parfois démission sous conditions), vous pouvez ouvrir des droits à l’ARE (allocation chômage). Ensuite, au moment de créer votre entreprise, vous avez 2 options :
- Le maintien de l’ARE : vous continuez à percevoir une allocation chaque mois.
- L’ARCE : vous percevez une partie de vos droits chômage restants en capital.
⚠️ Important : ARE et ARCE ne sont pas cumulables. Vous devez choisir l’un ou l’autre.
Besoin d'un renseignement ? Trouvez votre expert comptable en ligne1) Maintenir l'ARE après création d'entreprise en 2025 : comment ça marche ?
Le maintien de l’ARE permet de créer votre entreprise tout en conservant un filet de sécurité. Vous continuez à vous actualiser chaque mois, et France Travail ajuste (ou non) votre indemnisation selon vos revenus.
Durée : pas “24 mois” automatiquement
Votre ARE peut être maintenue jusqu’à épuisement de vos droits (la durée dépend de votre situation, de votre historique et de votre âge). En pratique, on est souvent sur 18 à 27 mois selon les cas (et potentiellement plus pour les demandeurs d’emploi plus âgés).
Donc la mention “24 mois” n’est pas une règle générale : mieux vaut parler de “jusqu’à la fin des droits”.
Le vrai principe : un plafond + une déduction
Votre article indique : “ne pas se verser une rémunération supérieure à 70 % de votre ancien salaire”.
La logique réelle est plutôt la suivante :
– France Travail déduit 70 % des revenus d’activité du montant mensuel de l’ARE.
– Et surtout, il existe un plafond : ARE versée + revenus d’activité ne doit pas dépasser (en règle générale) votre salaire mensuel de référence (celui ayant servi au calcul).
Formule de calcul (version simplifiée, la plus utilisée)
ARE versée = ARE mensuelle théorique – 70 % du revenu pris en compte
✅ Exemple concret :
– ARE mensuelle “sans activité” : 1 500 €
– Revenus d’activité (rémunération) : 500 €
– ARE versée ≈ 1 500 – (70% × 500) = 1 150 €
➡️ Total du mois : 1 150 + 500 = 1 650 € (dans la limite du plafond lié à votre ancien salaire)
📌 Bon à savoir : si France Travail vous verse moins d’ARE parce que vous avez des revenus, les jours non indemnisés ne sont pas perdus : ils peuvent être reportés, ce qui prolonge la durée potentielle d’indemnisation.
3 cas fréquents
- Vous ne vous versez aucun revenu : ARE versée en totalité (en pratique, il faut pouvoir le justifier).
- Vous vous versez un revenu inférieur à votre salaire de référence : ARE partiellement maintenue (avec la règle des 70%).
- Vos revenus atteignent/dépassent votre salaire de référence : ARE du mois = 0 (mais vos droits peuvent être prolongés via les reports si applicable).
✅ Point vigilance : vous devez vous actualiser tous les mois sur le site France Travail et déclarer votre situation (création d’entreprise + revenus).
SASU et micro-entreprise : les règles de cumul varient selon votre statut. En SASU sans rémunération, l'ARE peut être maintenue intégralement. En micro-entreprise, elle est ajustée selon votre chiffre d'affaires.
2) L’ARCE : toucher une partie de ses droits chômage en capital
L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) vous permet de recevoir une partie de vos droits restants sous forme de capital.
Montant ARCE à jour : 60 % des droits restants
60 % : c’est bien le taux en vigueur (réforme appliquée depuis 2023).
Concrètement, France Travail calcule le montant total de droits ARE qu’il vous reste, et vous verse :
– 60 % en ARCE
– en 2 versements de 50 % :
- 1er versement à la création (ou au démarrage effectif) de l’activité
- 2e versement 6 mois plus tard si l’activité existe toujours
Exemple (corrigé/clarifié)
Si vous avez encore 36 000 € de droits ARE restants, alors :
– ARCE = 60 % × 36 000 = 21 600 €
– Versé en 2 fois : 10 800 € puis 10 800 € (à 6 mois)
Condition essentielle souvent oubliée : l’ACRE
👉 Pour obtenir l’ARCE, il faut généralement avoir droit à l’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise).
C’est un point clé à ajouter car beaucoup de créateurs découvrent ce prérequis trop tard.
Ce que vous “perdez” en choisissant l’ARCE
En choisissant l’ARCE, vous ne percevez pas 100 % de vos droits ARE restants : vous recevez 60 % en capital.
Les 40 % restants ne sont pas versés sous forme d’ARCE.
⚠️ Nuance importante : selon votre situation, il peut exister des possibilités de réinscription et reprise de droits non consommés, mais ce n’est pas un “droit automatique” simple : cela dépend du parcours, des règles en vigueur et de votre réinscription. Dans la pratique, on choisit donc l’ARCE surtout si on a un besoin clair de trésorerie de départ.
3) ARE ou ARCE : comment choisir ?
Choisissez plutôt l’ARCE si…
- vous avez besoin de cash immédiatement (matériel, stock, véhicule, travaux, droit au bail, rachat de fonds…)
- vous avez un plan de financement solide et vous savez exactement à quoi servira le capital
Choisissez plutôt le maintien ARE si…
- vous voulez sécuriser votre revenu pendant la phase de lancement
- votre activité mettra plusieurs mois à générer des revenus stables
- vous voulez garder un maximum de droits dans le temps
📌 Conseil pro : si vous hésitez, faites une simulation “trésorerie” sur 6 à 12 mois : l’ARCE peut aider au démarrage, mais l’ARE est souvent plus protectrice si votre chiffre d’affaires est incertain.
4) Qui peut bénéficier des aides France Travail (ARE/ARCE) ?
Vous pouvez y prétendre si vous êtes inscrit comme demandeur d’emploi et que vous avez des droits ARE ouverts (ou ouvrables).
Cas fréquents d'ouverture des droits : fin de CDD, licenciement, rupture conventionnelle (cas le plus fréquent chez les créateurs d'entreprise) :
- fin de CDD
- licenciement
- rupture conventionnelle
Et après une démission ?
Votre article dit “possible après une démission” : oui, mais pas systématiquement.
En pratique, l’ARE après démission est possible notamment si :
- votre démission est reconnue comme légitime, ou
- vous entrez dans un parcours de démission-reconversion (projet validé), ou
- à défaut, après un certain délai, il peut y avoir un réexamen de la situation par France Travail.
👉 Donc : oui c’est possible, mais il faut une analyse au cas par cas.
5) Quelles démarches faire après la création ? (simple, mais à ne pas rater)
Pour continuer à toucher le chômage après création :
- Prévenir France Travail dès la création (ou le démarrage effectif)
- S’actualiser tous les mois (obligatoire)
- Déclarer ses revenus quand il y en a
Si vous ne vous versez aucune rémunération
France Travail peut demander des justificatifs (selon statut) : par exemple attestation comptable / documents montrant l’absence de rémunération.
Dividendes et ARE : attention aux raccourcis
Combien de temps peut-on cumuler ARE et création d'entreprise ?
Jusqu'à épuisement de vos droits, dans la limite du délai de déchéance (généralement 3 ans à compter de l'ouverture des droits). Chaque mois non indemnisé prolonge la durée potentielle.
✅ Souvent, c’est vrai : les dividendes sont en principe des revenus du capital et ne rentrent pas dans la rémunération d’activité servant au calcul mensuel de l’ARE.
⚠️ Mais : selon le statut (ex : gérant majoritaire de SARL), une partie des dividendes peut être soumise à cotisations sociales au-delà de certains seuils, et les pratiques de contrôle peuvent varier. Conclusion : ne basez pas une stratégie uniquement sur “dividendes = invisible pour France Travail” sans validation (expert-comptable + conseiller France Travail).
Comment se faire accompagner ?
La création d’entreprise demande souvent plusieurs mois avant de dégager une rémunération. Le maintien de l’ARE peut être une solution très efficace pour lisser le risque, tandis que l’ARCE est utile si vous devez financer un démarrage coûteux.
Il est souvent préférable de faire appel à un expert-comptable en ligne à chaque étape de votre création d’entreprise. Chez SOCIC, expert-comptable en ligne, nous accompagnons les demandeurs d’emploi créateurs d'entreprise dans le choix entre ARE et ARCE, le choix du statut (SASU, micro-entreprise, EURL) et l'optimisation de leur lancement.
Chez SOCIC, nous proposons aux demandeurs d’emploi créateurs d’entreprise un accompagnement personnalisé. N’hésitez pas à prendre rendez-vous pour sécuriser votre choix entre ARE et ARCE et optimiser votre lancement.